Clairvaux IV (1808-1970)

Au début du XIXe siècle, l’abbaye de Clairvaux est transformée en prison. Les moines sont alors remplacés par des détenus.

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BIBLIOGRAPHIE

L'abbaye de Clairvaux (2005)
Gilles Vilain / Jean-François Leroux
Éditions Guéniot

Clairvaux. État des lieux (2011)
Jean-François Leroux / Virginie Bianchi
Éditions Guéniot

Histoire de Clairvaux
Actes du colloque de 1990 (réédition en 2015)
Association Renaissance de l’abbaye de Clairvaux

 

Clairvaux IV : Clairvaux-prison (1808-1970)

Au début du XIXe siècle, Napoléon Ier met en place un réseau de 13 maisons de détention pour l’incarcération des mendiants et des criminels. Comme celle de Clairvaux, 9 sont installées dans d’anciens établissements monastiques. Le 27 août 1808, l’État rachète ainsi l’abbaye de Clairvaux à l’industriel Pierre Rousseau, premier directeur du dépôt de mendicité et de la maison centrale de Clairvaux. Clairvaux reçoit ses premiers prisonniers le 3 octobre 1814 et deviendra rapidement la plus grande prison de France au XIXe siècle, réputée comme l’une des plus dures du pays.

Des transformations radicales… et irréparables !

D’importants travaux sont entrepris pour donner à Clairvaux sa deuxième vocation d’enfermement, imposé celui-là. Ces transformations entraînent une perte inestimable pour le patrimoine de l’abbaye : l’église médiévale, totalement détruite entre 1809 et 1812 pour en récupérer les pierres. Le seul vestige de cette abbatiale est le pignon du transept sud, qui porte encore la cloche des mâtines…

Le vieux monastère est également démoli quasi-intégralement pour construire les logements des surveillants. Le dépôt de mendicité, prend ses quartiers de 1809 à 1816 dans l’hôtellerie, qui accueille près de 250 mendiants dont femmes et enfants. Les écuries hébergent des ateliers, où l’on travaille dès 1810.

Côté prison, les bâtiments sont aménagés pour un usage carcéral :

  • le grand cloître est voué à la correction des détenus (salles de discipline et cachots au rez-de-chaussée), à la détention (étages) et au travail en ateliers (combles). Un entresol est construit dans la galerie pour gagner en surface ;
  • le bâtiment des convers abrite les femmes à partir de 1820 ;
  • le réfectoire des moines est transformé en une chapelle pouvant contenir jusqu’à 1 500 détenus debout.

Drames et scandales à la prison

Comme les autres établissements de détention, la maison centrale de Clairvaux devient l’une de ces prisons-manufactures où le travail, certes rémunéré, est obligatoire et régi par des entreprises privées. En contrepartie, celles-ci prennent (théoriquement) en charge le quotidien des prisonniers.

Le traitement inhumain infligé aux détenus est à l’origine de plusieurs scandales, dont la célèbre « affaire des entrepreneurs » en 1847. Malgré sa mauvaise réputation, la prison de Clairvaux ne désemplit jamais (près de 3 000 détenus au milieu du XIXe siècle). Plusieurs figures politiques des XIXe et XXe siècles y séjournent. À la fin des années 1960, la vétusté des bâtiments impose la construction d’une nouvelle maison centrale.

En 1971, les prisonniers quittent le grand cloître et le bâtiment des convers pour rejoindre la nouvelle maison centrale, bâtie sur les fondations de l’église médiévale et dotée de cellules individuelles.

« Clairvaux, abbaye dont on a fait une bastille, cellule dont on a fait un cabanon, autel dont on a fait un pilori » (Claude Gueux, Victor Hugo, 1834).

Ateliers de fabrication de chaussures entre 1928 et 1932. © ENAP / Henri ManuelAteliers de fabrication de chaussures entre 1928 et 1932. © ENAP / Henri Manuel

 

L’affaire des entrepreneurs

D’abord gérée en régie, la prison dévie en 1819 vers le « système de l’entreprise générale ». Les entrepreneurs privés disposent de la force de travail des détenus en échange de la prise en charge de leurs besoins quotidiens : nourriture, habillement, couchage, chauffage, soins, etc. La logique de rentabilité prend alors le pas sur celle d’insertion par le travail.

Mal nourris, les prisonniers vivent dans des conditions d’hygiène terribles. 20 à 30 prisonniers dorment à deux par couche dans des cellules mal chauffées, où se propagent les maladies. Un traitement inhumain que Victor Hugo dénonce en 1834 dans son roman Claude Gueux. C’est l’histoire, basée sur des faits réels, d’un détenu condamné à mort pour avoir tué un chef d’atelier cruel.

En 1847, l’exploitation des prisonniers par des entreprises privées débouche sur l’« affaire des entrepreneurs ». La presse révèle le scandale : 700 détenus sont morts à Clairvaux dans les 30 derniers mois. Les entrepreneurs sont condamnés pour homicides involontaires, mais écopent de peines légères.

Suite à ce scandale, l’administration pénitentiaire reprend la gestion du travail et de l’entretien des détenus. La maison centrale compte jusqu’à 3 000 prisonniers, dont près de 500 femmes et plus de 550 enfants. En 1875, la réforme pénale donne naissance aux fameuses « cages à poules », cellules individuelles exiguës qui constituent à l’époque un progrès en termes de confort. Ces cages à poules abritent des prisonniers jusqu’en 1971…

Cellules privatives installées à l’étage et dans les combles du grand cloître suite au vote en 1975 de la « loi cellulaire. » L’expression « cages à poules » est inspirée des cellules où étaient enfermées les prostituées de la maison d’arrêt de Saint-Lazare, à Paris. © Pascal StrittCellules privatives installées à l’étage et dans les combles du grand cloître suite au vote en 1975 de la « loi cellulaire. » L’expression « cages à poules » est inspirée des cellules où étaient enfermées les prostituées de la maison d’arrêt de Saint-Lazare, à Paris. © Pascal Stritt

 

Les prisonniers célèbres

À partir de 1834, Clairvaux commence à accueillir des prisonniers politiques : quelques révolutionnaires d’abord, suivis à partir de 1871 de plusieurs centaines de communards. Le plus célèbre, Auguste Blanqui, qui y séjourne de 1872 à 1879, décrit des conditions de détention effroyables, dignes d’un « ensevelissement vivant ».

À la fin du XIXe siècle, les princes Pierre Kropotkine, anarchiste russe, et Philippe d’Orléans, fils aîné du prétendant au trône de France, y sont incarcérés.

Au XXe siècle, Clairvaux abrite de nombreux opposants au régime en place :

- les insoumis de Verdun en 1916 ;

- les mutins de 1917 et 1919 ;

- les cagoulards de 1934 ;

- des résistants de la Seconde Guerre mondiale, tel Guy Môquet ;

- d’anciens miliciens, collaborateurs et ministres de Vichy après la Libération ;

- des membres du FLN lors de la guerre d’Algérie ;

- …

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